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Communauté chrétienne du Sacré-Coeur
Paroisse française fondée en 1920
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72,
rue Empire
Welland ON
L3B 2L4
Tél./Fax (905) 735-5823
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Évêque: Mgr
Gerard Bergie
Curé: Abbé
Paul McDonald
Diacres: Yvon Goulet, Gérard Demers
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Histoire: 1919-1940
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Toute l'information que
vous trouverez sur cette page provient de l'album-souvenir créé à
l'occasion du 75e anniversaire de la paroisse. Alors un gros Merci à
Lise Gagné pour le travail énorme qu'ont requis ces recherches.
Évidemment j'utilise la même note que Lise utilisa à
l'occasion.
NOTE : Pour écrire
l'hitorique de la paroisse du Sacré-Coeur, l'auteure s'est inspirée
des données du livre "Paroisse du Sacré-Coeur 1919 - 1969"
de Gonzalve Poulin, ofm., du livre 'Pro-F-Ont' écrit par Claude Trudel
et d'entretiens avec le Père Roger Rouleau et Marcelle Demers.
(Afin d'alléger la lecture du texte, le masculin est utilisé tout au
long du récit. Évidemment, les femmes y sont incluses.)
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"Nous avons une
histoire"
| Cliquez sur les photos
pour les agrandir.
1. 1920 - Achat du domaine Doan sur la
rue Queen (Empire) transformé en église.
2. 1934 - Bénédiction de la deuxième église.
3. 1960 - Bénédiction de l'église actuelle.> |
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| Fondée par des loyalistes
protestants, Welland ne connaît durant de longues années qu'un groupe
infime de catholiques. Ce n'est qu'en 1844 que le premier prêtre,
le Père McDonough, venu de St. Catharines pour visiter les gens de
Welland et des environs, y célèbre la messe soit au Quinn's Hotel,
soit aux "Coloured Barracks", soit dans une école sur le
Creek Road, du côté de Port Robinson. Le curé Gratton et le
Père Conway continuent ce ministère religieux occasionnel jusqu'en
1861.
Cette même année, le Père Wardy achète un
terrain sur "Church Street" pour y construire la
première église qui fut ouverte au culte catholique en 1864 sous le
patronage des Martyrs du Japon (Church of the Japanese Martyrs).
Le premier prêtre à venir s'établir à Welland prend en charge cette
église et c'est la première paroisse fondée à Welland en 1910.
Cette église est démolie en 1947.
Dès 1914, on érige le sous-sol de l'église
et le presbytère de la paroisse St. Andrew sur les rues Hellems et
Griffith. En 1927, la construction de l'église est achevée et
elle est désormais connue sous le nom de St. Mary's Church.
C'est à cette église, dès 1917, que
s'affilient les familles francophones établies à Welland. Le
Père A. McCaffrey en est le zélé pasteur. La venue massive des
familles francophones très croyantes, mais peu versées en anglais,
suscite un difficile problème de communication pour le curé qui ne
parle pas le français.
Afin d'aider ses nouveaux paroissiens et
paroissiennes et de trouver une solution à son problème pastoral, le
Père McCaffrey invite l'abbé Lussier de la paroisse Ste-Jeanne-d'Arc
de Toronto à visiter ses paroissiens francophones. L'abbé de
Toronto rencontre ce groupe sympathique qui se chiffre à 250 environ et
persuade le curé de St. Andrew (St. Mary's) de faire venir un prêtre
francophone pour mieux servir ses nouveaux fidèles.
Conscient de ces poblèmes, Monseigneur McNeil,
archevêque de Toronto, en fait part à Monseigneur A.X. Bernard,
évêque de Saint-Hyacinthe et lui demande un prêtre pour desservir les
Canadiens-français de Welland.
Le choix s'arrête sur l'abbé Rosario C.
Tanguay qui possède une bonne connaissance de l'anglais ayant fait du
ministère dans des milieux bilingues et non-catholiques tels que
Sweetsburg et de Waterloo.
L'abbé Tanguay nous laisse le récit
pittoresque de cette rencontre avec l'évèque : "Il y a un
groupe de Canadiens-français à Welland qui a besoin d'un prêtre qui
parle leur langue. Je ne sais s'ils sont capables de vous faire
vivre; je ne puis vous obliger à y aller. Il y a là une belle
oeuvre à faire. Est-ce que je puis compter sur vous pour ce
ministère?"
Avec le zèle pastoral qui le distingue,
l'abbé accepte la nouvelle obédience. Et ce, au grand bonheur
des paroissiens de Welland.
À l'âge de 34 ans, l'abbé Rosario Tanguay
arrive à Welland le 2 octobre 1919 pour y célébrer le premier
vendredi du mois avec les Canadiens français. Il est nommé
prêtre desservant. Le curé met à sa disposition le sous-sol de
l'église St. Andrew (St. Mary's). Il va sans dire qu'il est reçu
avec grande joie par les Canadiens français de Welland.
L'abbé Tanguay commence immédiatement à
regrouper ses fidèles. Le premier dimanche d'octobre 1919, il
commence la visite pastorale des rues Welland, Duncan, Division, Cozy,
Queen (Empire) et Burgar. Les 250 Canadiens français forment
déjà un noyau dans le voisinage qu'on désigne plus tard sous le nom
de "French Town". |
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M. l'abbé Rosario
Tanguay, 1919 - 1940 |
| La découverte et l'amabilité du
curé Tanguay lui gagnent des amitiés précieuses dans l'élite du monde commercial et industriel. M. Emile Darte, en
particulier, aide généreusement et supporte de ses deniers et de son
influence les efforts d'organisation du curé. M. Darte,
surintendant de "l'Union Carbide", met le Père Tanguay en
contact avec la direction de la "Wood Manufacturing" qui lui
obtient l'usage gratuit d'une baraque militaire située sur la partie
nord de la rue Welland.
C'est dans ce local improvisé que le curé
convoque ses fidèles, le dimanche qui suit la visite paroissiale.
Comme il le raconte lui-même, deux cents personnes répondent à son
appel :
"Tout le monde était bien heureux de rencontrer le nouveau
curé; mais tous répètent : 'On n'est pas riche, on se sait pas
comment faire pour participer à la fondation de la paroisse'.
Après une discussion franche et cordiale, il fut décidé que chaque
travailleur donnerait une offrande de dix cents à la messe et un don
annuel de vingt-cinq cents comme dîme. Aussitôt qu'on aurait
trouvé un local qui servirait d'église, chacun doublerait le don de
vingt-cinq cents pour rencontrer la nouvelle dépense."
C'est partir à zéro. Le zèle
intelligent de l'abbé Tanguay et la fierté des pionniers les poussent
à s'unir pour ce projet.
En 1920, la paroisse du Sacré-Coeur de Welland
est fondée et l'abbé Rosario Tanguay est désigné comme curé
fondateur. C'est durant ce même hiver que Messieurs Bédard et
Roy de la Société des Artisans de St. Catharines viennent organiser le
Local 612 des Artisans à Welland. Cette Société rend un grand
service à la paroisse en lui consentant un prêt pour l'achat du
terrain de la future église.
Le 14 juin 1920, les paroissiens achètent au
nom de la Corporation épiscopale catholique de Toronto, le domaine Doan
sur la rue Queen (Empire). Deux vieilles maisons se trouvent sur
ce domaine. La plus grance est transformée en église temporaire
logeant deux cent trente-cinq personnes; l'autre sert de
presbytère. Nos pionniers sont heureux dans cette première
église; ils se sentent chez-eux! |
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Église et presbytère en 1920 |

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L'autel de la première église
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| La nouvelle de la fondation de la
paroisse se répand rapidement dans la province de Québec. Elle
provoque l'exode de plusieurs Québecois vers Welland.
Alors l'église devient trop petite et le curé
décide de l'agrandir en y annexant la caserne militaire. À la
surprise de tout le monde, on déménage la baraque militaire de la rue
Welland au terrain de l'église. On doit la scier en deux pour le
transport; elle arrive à l'église en piteuse condition.
Grâce au bon travail de Monsieur Belleau, qui construit l'autel de
l'église, et avec l'aide de Joseph Lavallée et de quelques autres
paroissiens, cette vieille bâtisse sert à la fois au culte et aux
réunions parroissiales. On l'appelle "Le Camp".
On s'y amuse bien, on y danse, on s'y rencontre et on assiste aux
offices religieux à l'abri des intempéries, sinon des rats et des
souris!
Au mois de septembre 1920, on ouvre la
première classe de langue française. L'institutrice est Mlle
Anne-Marie Lemelin. En octobre, M. Edmond Lemelin devient le
premier président de la Société mutuelle d'assurance-vie "Les
Artisans" local 612.
C'est dans cette église modeste, qui doit
servir pendant presque quinze ans, que le curé célèbre les premiers
baptêmes, celui de Joseph Amédée Labrie, fils d'Amable Labrie,
tisserand, et d'Amanda Vallée.
La baisse remarquable des baptêmes en 1930
s'explique par le départ de plusieurs citoyens francophones de Welland
à la suite du chômage dû à la grande dépression qui commence en
1929.
Cependant, à partir de 1930, la population de
la paroisse augmente (grâce aux baptêmes) mais à un rythme ralenti en
comparaison avec les années 1920. Une seconde fois, dès 1933, on
trouve l'église trop petite.
Lors d'une rencontre avec Monseigneur McNeil de
Toronto, le curé Tanguay expose son problème et décrit le local en
ruine qui sert d'église depuis quatorze ans. Frappé par l'aspect
délâbré de cette vieille maison, l'évêque lui dit sans hésitation:
"Go ahead, Father, build a church; your people need
it. French people are church builders and they pay for their
church. Go ahead, build"
De janvier à mai 1934, le curé et quelques
paroissiens dessinent eux-mêmes les plans de l'église. En mai de
la même année, les travaux de construction commencent et se poursuivent
jusqu'à la fin d'octobre.
Le 28 octobre 1934 a lieu la bénédiction de
la nouvelle église du Sacré-Coeur. Cette date coïncide avec la
célébration du jubilé sacerdotal du curé, ordonné à la prêtrise
en 1909. |
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cliquez sur la photo |
| Monseigneur Charles Carroll, qui
administre le diocèse de Toronto à la suite du décès de Monseigneur
McNeil, suggère au curé d'inviter l'évêque de Saint Hyacinthe pour
présider la cérémonie. Monseigneur Fabien Zoël Décelles
arrive le 27 octobre 1934, accompagné de l'abbé G. Cabana, confrère
du curé, qui sera promu, plus tard, archevêque de Sherbrooke.
De nombreux dignitaires, tant civils que
religieux, témoignent leur estime au curé Tanguay et à ses
parroissiens en assistant à la double fête.
Monsieur Émile Demers dirige la chorale durant la
cérémonie religieuse; Monsieur Arthur Cunningham touche l'orgue et Madame
E. Hurtubise joue une marche composée pour la circonstance.
Tout se termine par un banquet auquel assistent
trois cents personnes. Ce somptueux banquet est organisé par
Messieurs Landroche et Freddy Beaudoin et par des dames et demoiselles
de la paroisse sous la direction de Madame E. McGlauflin.
La nouvelle église de brique rouge, véritable
réussite au point de vue architectural, inspire l'admiration des
paroissiens et des visiteurs. Ainsi favorise-t-elle un nouvel
essor de la vie paroissiale.
En 1935, la paroisse du Sacré-Coeur possède
divers mouvements et associations : un groupement d'enfants de choeur
dirigé par Messieurs Philippe Audet, Ernest Marois, Dieudonné Racine;
une troupe de "Boys Scouts" avec un comité directeur et
l'instructeur, Patrick Gibbons; le groupe des Dames de Ste-Anne,
présidé par Madame Omer Fradette; les Enfants de Marie, présidé par Mlle
G. Lalande et autres; le
regroupement La Ligue du St-Nom de Jésus;
et une Caisse de Décès, dirigée par Monsieur Alfred Beaudoin.
La baraque militaire, qui a servi d'église et
de centre culturel, social et éducatif pour une période de quatorze
ans, est maintenant appelée à réduire son rôle au domaine social et
culturel seulement.
Malheureusement, la crise économique qui sévit
dans le monde, et particulièrement à Welland à cause de son
caractère industriel, se montre cruelle pour les paroissiens du
Sacré-Coeur. Après 1935, la dépression atteint son point le
plus critique. Par conséquent, plusieurs familles transportent
leurs misères ailleurs. Il ne reste bientôt que 117 familles
canadiennes françaises pour supporter la forte dette de 50 000$.
C'est un temps d'épreuve pour le curé
Tanguay. La misère continue et fait des ravages dans la
paroisse. Des dissensions s'élèvent entre diverses
associations. De plus, le curé Tanguay éprouve le sentiment
d'être abandonné par son évêque à cause de son incapacité à payer
les intérêts de la dette. Due à de lourds travaux, la santé du
curé devient chancelante. Le grand fondateur meurt subitement le
27 juillet 1940 à l'âge de 55 ans à Reeb's Bay Beach sur les rives du
lac Erié. L'abbé Rosario Tanguay a donné 19 années et 9 mois
de sa vie au développement de la francophonie de Welland.
Son corps repose dans la crypte du séminaire
de Saint-Hyacinthe. Il lègue une partie de son modeste avoir au
séminaire de Saint-Hyacinthe pour l'oeuvre des vocations. Il fait
un don de 2 238,08$ à sa paroisse de Welland pour le paiement de la
dette. Une stèle funéraire fixée dans le sanctuaire de
l'église du Sacré-Coeur perpétue son souvenir auprès de ses anciens
paroissiens. |
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